SAINT JEAN-MARIE VIANNEY 1786 - 1859

Le « cas » Jean-Marie Vianney (appelé plus communément le curé d'Ars), né à Dardilly, près de Lyon, le 8 mai 1786, illustre à merveille un texte de saint Paul qui aurait pu être choisi comme première lecture: La force de Dieu se déploie dans la faiblesse. Ce fil de paysan, peu doué pour étudier, désirait ardemment être prêtre. Admis dans un grand séminaire, il fut congédié deux mois plus tard, comme « nul en latin et impropre aux études ». Il lui faudra beaucoup d'efforts et une aide charitable pour réussir à assimiler les connaissances normalement requises pour accéder au sacerdoce. Après son ordination, en 1815, il devient vicaire à Écully, puis curé de la petite paroisse d'Ars, qui comptait moins de deux cent cinquante habitants. Il ne la quittera plus. Pendant plus de quarante ans ce prêtre va exercer un rayonnement extraordinaire qui débordera vite et largement le cadre de son village et les limites de son diocèse. Sa prière continuelle, son ascèse, vont contribuer à lui purifier le coeur et à en faire le réceptacle de l'Esprit Saint. On pense à saint Antoine le Grand (fêté le 17 janvier), et aussi à Séraphim de Sarov, ce saint de l'Église orthodoxe russe qui, après avoir été ermite et reclus, ouvrit sa porte aux foules qui venaient à lui. Comme eux, Jean-Marie Vianney devint un spirituel, au sens plénier du mot: celui qui est habité en permanence par l'Esprit. On venait le voir de partout, attiré par sa réputation d'homme de Dieu. Il conseillait, il réconfortait, il réconciliait les pécheurs avec Dieu. Il lui arrivait de passer seize heures de suite au confessionnal. Il devinait les problèmes, l'Esprit Saint agissait en lui, par lui. La pitié de Jésus voyant les foules sans pasteur lui était communiquée. la comparaison avec saint Antoine peut se poursuivre: les forces démoniaques se déchaînaient contre lui. Le Mal personnifié ne pouvait supporter sans réagir le bien qui se répandait par l'intermédiaire de cet humble curé de campagne qui, devenu saint, entraînait les autres à sa suite. Des épreuves intérieures et extérieures ne lui furent pas épargnées. Il les supporta avec la plus grande patience, sachant qu' elles contribuaient à féconder son apostolat. Jean-Marie Vianney mourut le 4 août 1859. Pie XI l'a proclamé patron céleste des prêtres de paroisse. (D'aprés Marcel Driot, LE SAINT DU JOUR, aux éditions MEDIASPAUL) Sermon du curé d'Ars Priez le matin, à genoux, et avant tout autre action. Ne perdez jamais de vue que c'est le matin que Dieu vous prépare les grâces qui sont nécessaires pour passer saintement la journée, parce qu'Il sait toutes les occasions que vous aurez de pécher, toutes les tentations que le démon vous livrera; si vous priez à genoux et comme il faut, il vous donnera toutes les grâces dont vous aurez besoin pour ne pas succomber. C'est pour cela que le démon fait tout ce qu'il peut pour vous faire manquer votre prière ou pour vous la faire faire mal, étant très convaincu, comme il l'avoua un jour par la bouche d'un possédé, que s'il peut avoir le premier moment de la journée il est sûr d'avoir tout le reste. Mais nous voulons faire notre ouvrage... nous n'avons pas le temps de prier... - Pauvres aveugles! comme vous vous trompez! Vous n'avez pas le temps de prier...? Mais vous n'avez pas d'autre ouvrage à faire que de travailler à plaire à Dieu et à sauver votre âme; le reste n'est pas votre ouvrage; si vous ne le faites pas d'autres le feront, mais si vous perdez votre âme, qui la sauvera? Priez aussi le soir, et en commun autant qu'il est possible. Rien n'est plus avantageux que cette pratique de piété. Jésus-Christ nous dit Lui même que si deux ou trois personnes s'unissent ensemble pour prier en son nom, Il sera au milieu d'elles. Qu'il est beau, qu'il est consolant de voir toute une maison prosternée aux pieds de Dieu pour L'adorer, Le remercier des bienfaits reçus pendant la journée, Lui demander les grâces de passer saintement la nuit, pour gémir sur les fautes commises ! A cette prière du soir ajoutez un examen de conscience, qui, vous remettant vos péchés sous les yeux, vous portera à les regretter plus vivement; une petite lecture de piété, qui gravera plus profondément dans votre coeur les vérités du salut et vous donnera quelques bonnes pensées dont vous vous occuperez en vous couchent et en vous levant. Mes enfants, priez, priez! Les pécheurs ne doivent leur conversion qu'à la prière. , Les damnés ne sont en enfer que parce qu'ils n'ont pas prié ou qu'ils ont prié mal. Les adultes n'entrent au ciel que par la porte de la prière.